L'installation sonore Dial-O-Map 25° transforme entièrement l'environnement acoustique et visuel de la nef en s'appuyant sur deux perspectives majeures. La première propose aux visiteurs du musée lorsqu'ils pénètrent au rez-de-chaussée, une approche périphérique autour de l'oeuvre sans qu'ils puissent y pénétrer au coeur. Cette zone entièrement vide ne laisse passer que les « rumeurs » du dispositif. La deuxième perspective s'appuie sur la configuration générale des entrepôts. Au premier étage à 5 m de hauteur, la coursive qui entoure toute la nef, trace une importante zone de dévoilement et offre un espace d'écoute panoramique sur l'oeuvre. À ce niveau du bâtiment, l'installation composée d'un abat-son, d'un ensemble de réflecteurs, d'un équipement sonore et de plusieurs groupes de projecteurs, devient totalement visible.
En occupant la plus grande partie de l'espace d'exposition, le Dial-O-Map 25° obstrue le panorama général de la nef par une vaste ceinture blanche de 800 m2 réalisée en PVC. Ce pavillon au profil conique se dresse au-dessus d'une structure métallique autoporteuse. Incliné à 25°, il forme un abat-son qui oriente les ondes vers les hauteurs du bâtiment. Le parti constructif de ce module repose sur un jeu de symétries acoustiques avec la pente du toit qui le surplombe à 14 m au-dessus. Son angle d'ouverture reste déterminant pour générer un effet de résurgence sonore.

Au centre de la nef, les fondations qui reçoivent toute la poussée du bâtiment, forment une enfilade d'arcs en plein cintre au pied desquels, 3 modules blancs diffusent les sons. Chacun d'eux est composé d'une paire de réflecteurs acoustiques concaves destinés à diriger les fréquences les plus aiguës vers les coursives.
Le dessin de ces réflecteurs s'appuie sur des calculs simples d'abscisses curvilignes et des essais de façonnages de surfaces planes. Disposés dos-à-dos, ils sont équipés de couples de haut-parleurs satellites fixés à 2 m du sol sur des potences. Entre chaque paire de réflecteurs, un caisson de type basses fréquences, surmonté d'un vaste évent est orienté en direction du faîtage du bâtiment.
36 projecteurs de type HMI-Horiziode (lumière froide) éclairent en douche l'ensemble de l'installation.

La diffusion sonore est dirigée depuis le réseau internet par transfert de fichiers audio. Dans un deuxième temps les données sont pilotées à distance et gérées sur une interface de spatialisation qui répartie les sons dans la nef. En devenant une texture enveloppante, le bâtiment a pour vocation lors de la diffusion des sons, de reconstruire à son tour toutes les valeurs timbrales, les dynamiques et les durées de propagation. Il fixe une dernière fois les effets de propagation et de condensation des couches sonores successives en direction de l'auditeur. Ces liens s'appuient ici sur le jeu des verticales et des horizontales qui marquent des lignes de force importantes dans la nef. Les règles structurelles du Dial-O-Map 25° sont directement liées à un principe d'occupation de l'espace et au rôle de l'écoute du spectateur qui évolue dans ce contexte. Avant d'être un volume stable de sédimentation, la nef opère un phénomène de frottement sur les textures sonores et leurs articulations rythmiques. En se déplaçant sur le parcours de l'installation, l'auditeur lie les différents fragments et crée des segments d'écoute en mouvement perpétuel.